psychologue à Buxerolles

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Émilie Chauvet

Psychologue

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Troubles

Que sont les tics et le syndrome Gilles de la Tourette ?

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Qu’est-ce qu’un TIC ?

Ce sont des mouvements ou des sons involontaires, brusques, stéréotypés, imprévisibles, irréversibles, résultant de la contraction rapide d’un ou plusieurs groupes de muscles. Les enfants peuvent parfois sentir les TICS arriver (une sensation de gêne par exemple).

Il existe des tics moteurs et des tics vocaux. Les tics moteurs simples peuvent être des clignements des paupières, des froncements de sourcils, des secousses de la tête mais cela peut être aussi des tics plus complexes comme des sauts bizarres, des enfants qui tournent sur eux-mêmes ou des gestes obscènes comme des doigts d’honneur.

Les tics vocaux simples sont des sons comme un raclement de gorge, tousser, renifler. Il peut exister des tics vocaux plus complexes comme des bruits d’animaux, des mots et même des gros mots qui peuvent être orientés vers une personne en particulier mais qui ne sont pas volontaires par l’enfant.

Que sont les TICS ?

Ils sont très fréquents chez l’enfant. En effet, 3 à 10% des enfants entre 7 et 10 ans ont des tics. Cela veut dire que dans une classe, environ 2 élèves auront des tics entre le CE1 et le CM2. On sait également que c’est plus fréquent chez les garçons. On retrouve aussi souvent des tics dans la famille, non diagnostiqués. En moyenne, ils apparaissent vers l’âge de 6 ans mais peuvent débuter entre 3 et 8 ans avec un pic d’intensité autour de 10-12 ans.

Les tics évoluent par vague. Cela veut dire qu’il y en a beaucoup à certaines périodes et moins dans d’autres, voir plus du tout. Certains enfants présentent un seul tic à la fois et d’autres enfants plusieurs en même temps. Un tic peut être présent pendant quelques jours à quelques semaines, et disparait avant qu’un autre le remplace. On dit qu’un tic en chasse un autre ! Les tics sont parfois aggravés par la fatigue notamment en fin de journée, après l’école et ils peuvent être aussi accentués par les émotions fortes. Ils peuvent à l’inverse diminuer quand l’enfant se concentre sur une activité comme lors de la pratique d’un instrument de musique, lorsqu’il fait du sport…

Les tics incluent un continuum de symptômes comprenant les tics transitoires et les tics chroniques, et le syndrome de Gilles de la Tourette.

Les tics transitoires disparaissent en moins d’une année ; les tics chroniques concernent les enfants qui semblent présenter soit un ou plusieurs tics moteurs ; soit un ou plusieurs tics vocaux mais parfois les 2 en même temps pendant plus d’une année.

Les enfants présentant le syndrome de Gilles de la Tourette (SGT) ont plusieurs tics moteurs et au moins un tic vocal depuis plus d’un an. Il est très souvent associé à des troubles du comportement ou des troubles du sommeil. Ce syndrome est beaucoup plus rare que les tics chroniques. Cela concerne plus souvent les garçons que les filles ; et cela concerne entre 0.5 et 1% des personnes.

D’où viennent les tics ?

On n’a toujours pas d’explications scientifiques claires. On sait que les tics sont des manifestations neurologiques et non psychologiques ou psychiatriques, en lien avec le fait que le cerveau se développe et mature. C’est pourquoi, cela s’améliore en grandissant.

Comment évoluent les tics ?

Plus de la moitié des enfants en ont moins en grandissant. Ils peuvent même disparaitre naturellement à l’âge adulte ; même pour les enfants avec des tics chroniques ou un syndrome de Gilles de la Tourette. Les tics persisteraient d’environ ¼ à 1/3 des cas à l’âge adulte.

Tics et SGT : comorbidités et impact social ?

Les tics sont souvent associés à d’autres troubles neurologiques et/ou psychiatriques. C’est ce qu’on appelle des comorbidités. Par exemple, certains enfants peuvent avoir des difficultés de concentration ou d’attention avec ou sans hyperactivité. Parfois ils peuvent se mettre en colère trop facilement : faire des crises de rage, être intolérant à la frustration. Parfois, ils peuvent avoir tendance à rentrer en conflit avec les autres comme dans le trouble oppositionnel. Certains enfants ont des difficultés à l’école : pour apprendre à lire, ou à écrire, des difficultés en mathématiques. D’autres ont des troubles du sommeil. Ils peuvent aussi avoir des petites manies comme compter les choses, lire à l’envers, ranger de manière symétrique : ce sont des tocs. Ou encore une tendance à être facilement anxieux. Des enfants ayant un trouble de la communication avec les autres peuvent aussi présenter des tics comme dans le TSA (trouble du spectre autistique). Ces éléments associés ne sont pas toujours présents, il faut les rechercher. Parfois, les tics sont totalement isolés.

Chaque enfant est différent. Il est difficile de savoir ce qui est le plus gênant chez l’enfant : les tics ou les autres troubles. Vivre avec des tics n’est pas facile ; certains enfants peuvent ressentir de la tristesse, de l’anxiété, de la fatigue…Certains tics sont gênants car ils coupent une activité en cours comme empêcher de donner un coup de pied dans un ballon lors d’un match de foot ou encore mal viser avec la fourchette quand on mange. Une fois, ce n’est pas grave, mais quand cela se répète, c’est énervant !

Les tics peuvent parfois être douloureux notamment lors des mouvements violents au niveau du cou et des épaules ou de contractions musculaires au niveau du ventre. Ils peuvent même créer des blessures du fait des mouvements brusques (coups de fourchette sur le visage par exemple ou des griffures). Et puis les tics peuvent être vus et entendus par les autres. Cela pose alors problème au niveau du regard des autres ; c’est souvent perçu comme une attitude bizarre. Certains enfants cherchent donc à les cacher. D’autres n’y arrivent pas et ressentent de la honte. A l’école, il peut y avoir des moqueries des autres élèves ou des réactions mal adaptées des enseignants qui peuvent prendre cela pour de l’insolence, de la provocation en pensant que c’est volontaire.

Au final, l’enfant peut avoir une confiance en soi réduite, voire parfois être en situation de déscolarisation alors que ses capacités intellectuelles sont tout à fait normales !

Que faire quand on a des tics ?

Pour commencer, il faut expliquer à l’entourage (psychoéducation) ; cela peut suffire à apaiser l’enfant ou à réduire la fréquence des tics. Certains enfants ne sont absolument pas gênés par les tics en eux-mêmes ; certains les remarquent à peine. Ils n’ont pas de douleurs, ils ne sont pas gênés dans la vie de tous les jours ; par contre, ils peuvent être gênés par les remarques de l’entourage : les parents, le frère ou la sœur, à l’école…On leur demande d’arrêter leurs tics, ce dont ils ne sont pas capables. Par conséquent, cela augmente leur stress, il y a une perte de confiance en eux et ainsi une augmentation des tics. C’est un cercle vicieux !
Il faut insister sur le côté involontaire : les enfants ne le font pas exprès !!! Il faut dire à l’entourage d’ignorer les tics et de ne surtout pas les faire remarquer !
Ensuite, il faut rassurer l’entourage : les tics sont très fréquents et beaucoup de personnes vivent normalement avec des tics. Même si cela est gênant, ce n’est pas une maladie grave. Cela n’altère pas l’autonomie, les capacités intellectuelles ou les capacités de l’enfant à avoir une scolarité normale, une vie sociale et une vie de famille normale.

Tics et SGT : quelles sont les prises en charge reconnus ?

En 1er lieu, il est nécessaire de traiter les troubles associés avec de la rééducation, un suivi psychologique voire des traitements médicamenteux. Ensuite, si cela ne suffit pas, une prise en charge spécifique peut être nécessaire (spécialisée dans les tics).
Une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) peut être proposée. Elle se base essentiellement sur la sensation prémonitoire aussi appelé « alerte tics ». Elle est ressentie comme une urgence de bouger, comme une sensation désagréable, une démangeaison ou un chatouillement à l’endroit où le tic sera réalisé. Elle est parfois difficile à expliquer et apparait aux alentours de 10 ans ; en moyenne 3 ans après l’apparition du premier tic. Elle disparait lors de la réalisation du tic ; ce qui soulage l’enfant mais elle revient très rapidement après et même plus forte. Ce qui peut augmenter le besoin de tics.

La TCC est interactive : l’enfant et le thérapeute définissent des objectifs précis ; elle est limitée dans le temps, elle nécessite la participation d’un parent (co-thérapeute). La motivation de l’enfant est primordiale. Il est important de comprendre que cette thérapie ne supprime pas les tics mais elle aide l’enfant à les contrôler, à diminuer leur intensité et leur fréquence.

La plupart du temps, cette prise en charge suffit. Mais dans certains cas, l’introduction d’un médicament peut être envisagée pour diminuer les tics.

Dans tous les cas, les médicaments comme la TCC ne sont pas efficaces à 100%. Ils ne sont efficaces que dans la moitié des cas. Le suivi et l’adaptation de la prise en charge n’agissent pas tellement sur le nombre, la fréquence et l’intensité des tics mais plutôt sur le retentissement factuel. Les tics peuvent créer de l’inconfort voire de la douleur et interférer sur le fonctionnement scolaire et social. Cela retentit sur l’estime de soi et donc la qualité de vie.

C’est la qualité de vie de l’enfant qui sera le principal critère de la modification de la prise en charge. Ainsi un enfant qui fait des tics sans aucune gêne dans la vie de tous les jours ne sera pas traité même si l’enfant en fait beaucoup. Il faut savoir tolérer !

Face aux tics, la tolérance et la bienveillance de l’entourage sont essentielles : ne pas les réprimer ni les commenter permet de réduire la pression et d’éviter qu’ils ne s’intensifient. Avec le temps, ils s’atténuent souvent naturellement.