Cancer, sein, femme, psychologie
Émilie Chauvet

Émilie Chauvet

Psychologue

Mots-clés

Maladie

Le cancer du sein

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En France, une femme sur huit sera un jour atteinte d’un cancer du sein. Si le taux de survie est particulièrement bon s’il est dépisté à un stade précoce, il n’en reste pas moins le cancer le plus meurtrier chez la femme. Et pourtant, le cancer du sein subi une forme de banalisation et peut être qualifié par certains de « petit cancer ». Cette banalisation est très mal vécue par ces femmes atteintes qui voient leur vie entièrement chamboulée : personnelle, familiale, professionnelle…

Ce bouleversement brutal ne s’arrête pas là ! La fatigue induite par les traitements, les changements au niveau du corps, les difficultés dans les rapports sexuels peuvent provoquer une réelle souffrance psychologique.

Cette fatigue, jamais connue auparavant, n’impactent pas que le corps mais également le moral et les fonctions cognitives.

En consultation, certaines patientes déclarent ne pas avoir assez d’informations sur la manière dont le cancer et ses traitements peuvent affecter leur vie sexuelle. Il est important de les entendre et que nous, professionnels de santé, travaillons en partenariat pour accompagner ses femmes dans leur globalité et ne pas seulement traiter l’aspect médical.

La consultation psychologique en couple est importante car le soutien du partenaire reste essentiel pour la qualité de vie de la patiente. La parole des conjoints compte et eux-aussi ont besoin de soutien psychologique. Certains peuvent déclarer en consultation que leurs femmes ne les aiment plus car elles ne veulent plus de la relation sexuelle qu’elle quelle soit.

Comprendre donc les différents facteurs impactant la vie sexuelle de leurs conjointes est donc un bon début.

Mais quels sont les facteurs impactant les relations intimes ?

  • La modification de l’image du corps.

Cette modification peut s’expliquer par la valeur symbolique de l’organe atteint : le SEIN. En effet, le sein est associé à la féminité, la maternité et la sexualité.

La chirurgie peut aussi affecter l’image corporelle (surtout en cas de mastectomie). La cicatrice, l’ablation, le changement de volume peuvent être un obstacle au contact physique. La grande difficulté va être d’affronter ce nouveau corps dans le miroir et dans le regard de l’autre.

  • La perte des cheveux et la prise de poids, suite aux effets secondaires des traitements, ont une incidence sur l’estime de soi et par conséquent sur la vie sexuelle.

  • La baisse de la libido.

Le désir et le plaisir peuvent être réduits par les traitements. Mais la raison n’est pas uniquement médicale. L’anxiété par rapport au choc psychologique lié à la maladie a aussi un impact sur la vie intime, sans compter l’incertitude sur l’avenir avec la peur de la récidive.

  • La peur des relations sexuelles.

Cette angoisse est souvent ressentie par les femmes parce qu’elles ne perçoivent plus de la même manière leur relation de couple, leurs propres désirs et peuvent avoir le sentiment que le partenaire a peur des rapports.

Concentrer sur la maladie, on peut souffrir de la perte du désir. Il est donc essentiel d’oser consulter en cas de blocage !

En parler avec son partenaire est déjà un bon début pour échanger sur ses désirs et sur les envies de l’autre.