Émilie Chauvet
Psychologue
Mots-clés
Communication, troubles
Le trouble de la communication
On décortique pour mieux comprendre !
Les idées reçues
« Si on parle 2 langues à la maison, c’est le trouble garanti ! »
Parler 2 langues à la maison, c’est une richesse. Je dirai même que c’est une gymnastique mentale. Cela ne provoque pas un trouble du langage. Au début, l’enfant peut bien sûr mélanger un peu les 2 langues et c’est normal. Il faut toujours un peu de temps. Un trouble du langage comme la dysphasie n’est pas causé par le nombre de langues parlées mais c’est bien un Trouble Neurodéveloppemental (TND). L’important c’est de parler à votre enfant une langue dans laquelle vous êtes à l’aise.
« On parle du trouble du langage mais si tu veux mieux parler, il suffit de faire des efforts ».
Ce n’est pas aussi simple ! Encore une fois, on parle de TND, c’est-à-dire que le cerveau traite le langage différemment. Ce n’est pas une question d’intelligence ni de fainéantise. Demander à un enfant qui souffre de dysphasie de faire un effort, c’est comme demander à une personne avec une jambe dans le plâtre de courir un 100m ! Volonté ou pas, il faut des outils, un accompagnement, du temps…et non des injonctions !
Mais qu’est-ce que la communication ?
Selon l’intonation, le contexte et même les expressions faciales, un même message peut avoir une signification différente. Donc contrairement aux idées reçues, communiquer ne veut pas dire seulement parler. Notre regard, nos gestes, notre intonation sont des éléments qui font partis de la communication. C’est comme notre manière de nous habiller d’ailleurs !
C’est pour cela que l’on dit que la communication est multimodale. Nous avons besoin de plusieurs modes de communication pour transmettre le meilleur message possible.
De manière globale, la communication permet l’interaction entre 2 individus, l’échange d’informations, le partage d’idées sans oublier l’expression de besoins. Dans ce cadre, le langage oral est un code parmi d’autres, qui permet de communiquer. Cela nous conduit au fait qu’au-delà du verbal et du non verbal, il existe des ingrédients qui nous donnent une communication optimale.
Ces ingrédients sont :
- Un émetteur : celui qui émet le message ;
- Un récepteur : celui qui reçoit le message et qui fait un feedback sur la réception du message de l’émetteur.
D’ailleurs, le message est un code qui peut être le langage oral, le langage écrit, la langue des signes, le braille…
- Un canal de transmission qui correspond au code utilisé comme l’ouïe, la vue ou le toucher ;
- Et un contexte qui doit être en adéquation avec le message émis.
Si on ajoute une personne avec un trouble du langage, on comprend donc qu’il peut y avoir un mauvais émetteur ou un mauvais récepteur ; mais on comprend aussi que le message peut être transmis de manière différente.
Maintenant, si on précise la définition de la communication du côté des orthophonistes, on dirait que la communication est composée de 2 versants : un expressif et un réceptif eux-mêmes comparés à 2 aspects différents, formel et pragmatique. Je n’irai pas plus loin dans les détails n’étant pas orthophoniste.
Cependant, je trouve essentiel de préciser que les enfants qui ont un langage qui se développe tardivement peuvent rattraper spontanément ce retard. Une surveillance régulière est tout de même nécessaire car ils sont plus à risque de développer un trouble du langage.
Il est donc important de respecter quelques étapes :
- Une consultation avec un pédiatre ou un médecin généraliste. Il va vérifier l’audition de l’enfant et la présence d’une maladie neurologique ou autre cause physiologique qui pourraient expliquer les difficultés ;
- En fonction, le médecin pourra orienter l’enfant et ses parents vers un spécialiste comme un ORL qui va écarter une déficience sensorielle ou une surdité ;
- Avec une ordonnance, le médecin pourra prescrire un bilan du langage oral chez l’orthophoniste ;
- Enfin, le médecin pourra poser le diagnostic.
Ce qu’il faut retenir !
Plus le diagnostic est déterminé tôt, plus la prise en charge démarrera tôt, et plus l’enfant pourra réaliser des progrès. Une intervention est plus efficace quand elle est précoce mais aussi intensive et celle-ci est assurée par les orthophonistes. Je sais qu’avoir un rendez-vous peut-être compliqué ; nous pouvons aussi aborder cette difficulté en séance. Il y a toujours des solutions !!!