psychologue à Buxerolles

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Émilie Chauvet

Psychologue

Mots-clés

Communication, troubles

LE TDAH : TROUBLE DEFICITAIRE DE L’ATTENTION AVEC OU SANS HYPERACTIVITE

Encore des idées reçues !

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« Le TDAH est un trouble inventé par les laboratoires pour vendre des médicaments »


En vérité, le TDAH est décrit depuis plus d’un siècle. Déjà en 1902, le pédiatre britannique Georges Still, parlait d’un défaut de contrôle de soi chez l’enfant et depuis la recherche n’a cessé de progresser. On parle aujourd’hui de trouble neurodéveloppemental avec des bases génétiques, neurologiques. Alors pourquoi parlons-nous en plus aujourd’hui ? Parce qu’on sait mieux détecter. On a arrêté de confondre « agitation » avec « mauvaise éducation » et parce qu’on comprend que certains enfants, certains adultes vivent avec un fonctionnement attentionnel différent. Le TDAH n’est pas une invention moderne, ce n’est pas une mode, ce n’est pas une manigance industrielle ; c’est un trouble réel qui concernent des millions d’adultes et d’enfants dans le monde.


« Le méthylphénidate est une drogue qui rend accro ! »


Maintenant qu’on a sorti du tiroir cette idée reçue, regardons les faits. Le méthylphénidate est un médicament psychostimulant prescrit près de plus de 60 ans pour le TDAH chez l’enfant comme chez l’adulte. Il est utilisé dans plus de 80 pays et fait l’objet de protocoles stricts. En fait, les études convergent pour indiquer que les enfants traités dans le cadre médical avec du méthylphénidate ont moins de risques de développer une addiction à l’adolescence ou à l’âge adulte parce qu’il aide à contrôler l’impulsivité, prendre la meilleure décision et réduire le comportement à risque. Le méthylphénidate agit sur la dopamine et la neurodrénaline mais il ne crée pas de dépendance chimique chez un cerveau qui en a besoin. Il ne « zombifie » pas les enfants. Ils changent au contraire la vie de ceux qui en ont réellement besoin. Alors finissons-en avec la dépendance aux idées fausses et là, pas de traitement miracle, juste la connaissance !


Qu’est-ce que le TDAH ?


C’est un trouble très fréquent qui concerne 5% des enfants. Même si on en parle de plus en plus, il reste encore un peu trop mal connu. C’est le motif le plus fréquent en pédopsychiatrie mais il ne se présente pas toujours de la même façon. On peut recevoir un enfant de 7 ans parce qu’il est agité, perturbateur, qui a des difficultés à tenir en classe mais on peut aussi recevoir un adolescent qui aurait juste des difficultés d’apprentissages, des difficultés scolaires. Certains enfants nous sont adressés pour des crises de colère, de l’opposition et d’autres sont adressés par les orthophonistes pour des problèmes d’attention et qui n’ont pas de difficultés de comportements. Il y a beaucoup de présentations différentes et c’est ce qui fait la complexité du trouble. De façon générale, il y a 3 catégories de symptômes :

  • Les symptômes d’inattention : ce sont souvent les plus gênants avec des difficultés d’organisation, à maintenir son attention dans la continuité ;
  • Les symptômes d’hyperactivité qui sont facultatifs : c’est le fait de ne pas tenir en place, de bouger, de se lever ;
  • Les symptômes d’impulsivité : c’est la précipitation !

 

On a longtemps cru que c’était un trouble qui concernait que les enfants et les adolescents mais on sait aujourd’hui que les symptômes peuvent persister et que 3% des adultes présentent encore un TDAH.

Malheureusement, le TDAH n’est pas encore suffisamment diagnostiquer en France. Souvent, les personnes vont être victimes des idées reçues, on va penser que l’agitation est un problème éducatif, que c’est un problème de règles. Il est pourtant important de le diagnostiquer car le TDAH est souvent accompagné de complications et de comorbidités. De façon générale, et il est important de le préciser, on ne parle plus d’hyperactivité ou d’enfants hyperactifs. Le sigle qui doit être employé est bien le TDAH car le déficit central est le déficit d’attention.


Quels sont les critères diagnostiques ?


Les professionnels de santé s’appuient sur la classification la plus utilisée en psychiatrie : le DSM 5. On a l’habitude de dire qu’il faut différencier les symptômes en lien avec le déficit d’attention de ceux en lien avec l’impulsivité et l’hyperactivité. Toutes les personnes ne présentent pas toutes les mêmes formes cliniques et de façon générale, toutes les personnes peuvent présenter des critères de TDAH de façon ponctuelle. Chez les personnes TDAH, ces symptômes sont plus intenses et surtout plus constants. Je vais présenter ici les symptômes tels qui peuvent se présenter chez l’enfant et l’adolescent. On commence par les symptômes que l’on relie à l’inattention. Il en existe 9 :

  • Les étourderies : l’enfant TDAH oublie des détails, il manque de précision, il fait des fautes dans son travail scolaire alors qu’il le savait ;
  • Les difficultés à maintenir son attention de façon prolongée : ce sont des enfants qui vont décrocher facilement que ce soit en classe mais aussi lors de jeux de société ou lors de discussion ;
  • Les enfants TDAH ne semblent pas écouter : les parents précisent souvent qu’ils ont besoin de souvent répéter les choses. Ils ont même parfois l’impression que leur enfant a un problème auditif ; ce qui n’est en général pas le cas mais qu’il faut quand même vérifier par précaution ;
  • Les difficultés à terminer : ces enfants ont du mal à aller jusqu’au bout de leur travail scolaire, de leurs loisirs (terminer un dessin, une construction) alors qu’ils avaient démarré avec beaucoup d’entrain ;
  • Les difficultés d’organisation : elles sont d’autant plus gênantes pour les adolescents et pour les adultes qui doivent devenir autonomes. Par exemple, on y retrouve la difficulté à programmer, à gérer le temps. La difficulté d’organisation chez l’enfant se manifeste par la difficulté d’agir en routine, c’est-à-dire que l’enfant TDAH a plus de mal à automatiser les séquences répétées du quotidien. C’est d’ailleurs une des plaintes principales des familles. Les parents disent qu’il faut leur répéter 100 fois de se brosser les dents alors que cela devrait être acquis. C’est vraiment cette difficulté à automatiser qui fait partie de leur symptômes de TDAH et ce n’est pas simplement un problème de maturité ;
  • La difficulté à initier un effort et à s’y mettre. Par exemple, les devoirs demandent 2 fois plus d’énergie de s’y mettre que de les faire ; et toute nouvelle tâche peut être extrêmement pénible à entreprendre que ce soit se brosser les dents, ranger sa chambre…et finalement cela va beaucoup déstabiliser les parents qui ne comprennent pas pourquoi tant d’opposition et qui peuvent même associer cela à des traits de tempérament. Chez les plus grands, on parlera de procrastination, c’est le symptôme qui gêne le plus les adultes qui souffrent de TDAH ;
  • Les pertes d’objets : ce sont des enfants qui perdent leurs affaires ;
  • Ils oublient ce qu’on leur dit, ce qu’ils ont à faire ;
  • Ils sont très distractibles : un bruit va les faire sortir de leur tâche et ; même leur pensée peut les déconcentrer et leur faire perdre leur tâche.

 

Tous ces symptômes d’inattention vont avoir un retentissement à la fois sur la scolarité, sur les apprentissages mais aussi sur la vie familiale. C’est épuisant pour les parents qui ne comprennent pas toujours ce qui se passe, qui ont l’impression de toujours superviser et demander les mêmes choses et qui peuvent associer ça à de l’immaturité, à un refus de grandir car finalement s’ils ne connaissent pas le TDAH, ils ont dû mal à comprendre ce qui se passe pour leur enfant.

Il existe un autre type de symptômes, c’est l’impulsivité. C’est la difficulté à inhiber une réponse motrice ou mentale ; et une tendance à la précipitation. Pour le TDAH, voici les critères :

  • Tendance à répondre avant la fin de la question, terminer les phrases des autres, démarrer l’exercice sans avoir totalement lu l’énoncé ;
  • Une impatience excessive. Même si les enfants peuvent ne pas être trop patients à la base ; chez les enfants TDAH, c’est pire et cela peut par exemple les empêcher de jouer à un jeu de société parce qu’ils n’arrivent pas à attendre leur tour ;
  • Une tendance à interrompre les autres, à imposer leur présence aux autres sans en demander l’autorisation. Cela va d’ailleurs les gêner au niveau social car les autres enfants ont dû mal à supporter ce type de comportement. C’est un comportement qui est souvent mal perçu par l’entourage, qui va l’associer à un problème éducatif. Ce qui va d’autant plus fragiliser les parents qui ne connaissent pas le TDAH de leur enfant et qui pensent qu’ils n’ont pas fait ce qu’il fallait.

 

Pour pouvoir poser le diagnostic de TDAH, on s’appuie sur la classification du DSM, sur un certain nombre de critères présents et il faut que les symptômes aient demeurés avant l’âge de 12 ans même si ce n’est pas toujours facile à démontrer et que les critères peuvent être un peu discutés. Il faut aussi que les symptômes soient présents dans 2 lieux différents, en général à l’école et à la maison mais il est important de savoir que les symptômes s’expriment différemment en fonction de ces 2 lieux sans que cela ne remette en question le diagnostic.

Un autre point qui ne fait pas partie des classifications mais est très présent chez les enfants, adolescents et adultes porteurs de TDAH : la dysrégulation émotionnelle. De quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’une difficulté pour l’enfant de contrôler son vécu émotionnel, à le maitriser ; c’est-à-dire que les événements qu’il va traverser, sont être ressentis de façon amplifiée. L’émotion qui va y être associée va être beaucoup plus forte ; que ce soit positif comme une fête ou négatif comme une frustration. L’enfant va la vivre de façon plus intense et cela peut se traduire par des symptômes émotionnels comme de l’énervement, de l’irritabilité mais aussi très régulièrement par des crises de colère qui peuvent être la plainte n°1 des familles tellement cela peut devenir envahissant, ingérable et problématique. Il faut comprendre que cette dysrégulation émotionnelle a un impact majeur sur le quotidien même si elle n’est pas décrire comme faisant partie des symptômes cibles du TDAH. Il est donc indispensable de la rechercher dès qu’on a un diagnostic de TDAH et d’en parler avec la famille car il y a des stratégies pour les aider.

Quel est le parcours diagnostic ?

Classiquement, les premiers symptômes apparaissent rapidement dans le développement. Il peut s’agir d’une forte instabilité motrice observé en école maternelle ou une difficulté à maintenir son attention sur une activité. Les inquiétudes des parents sont toujours un facteur important à considérer. C’est la présence des symptômes persistants et entrainant une souffrance au quotidien qui justifie de débuter une démarche diagnostic. Le diagnostic du TDAH est clinique et ne requiert pas d’examens complémentaires. Il est par ailleurs indispensable que la procédure diagnostic se fasse par un médecin formé au TDAH car dans certaines situations, des examens médicaux particuliers peuvent être requis comme un enregistrement du sommeil, une électroencéphalographie ou une imagerie cérébrale.

La présence potentiel d’autres troubles justifient l’approche médicale du TDAH et d’ailleurs, des TND en général. La Haute Autorité de Santé a publié en 2024 des reconnaissances de bonnes pratiques autour du diagnostic et de l’accompagnement des enfants et adolescents qui présentent un TDAH :

  • La recherche de symptômes et de leur impact au quotidien ;
  • L’anamnèse développementale : retracer l’historique de la personne et rechercher les antécédents médicaux et psychiatrique, personnels et familiaux ;
  • Une évaluation qui émane des enfants, des parents mais aussi des enseignants ;
  • Cette évaluation peut être faite avec des consultations dédiées à l’aide d’outils et de questionnaires spécifiques. Dans certaines situations, des bilans complémentaires peuvent être nécessaires : orthophonie, psychomotricité, ergothérapie. Ces bilans ne sont pas nécessaires pour poser le diagnostic mais ils permettent d’explorer la présence de troubles associés potentiels comme les troubles des apprentissages, du langage ou de la motricité.
  • Le bilan psychométrique n’est pas non plus nécessaire pour poser le diagnostic mais il est en revanche reconnu dans le parcours global de l’enfant ainsi que dans les situations complexes.
  • Un examen clinique est aussi nécessaire pour y rechercher des troubles organiques associés comme l’épilepsie qui est souvent associée au TDAH.

 

Avant l’âge de 5 ans, les symptômes doivent alertés seulement si leur intensité, leur persistance et leur retentissement sont disproportionnés en comparaison à la classe d’âge de référence. Il est recommandé d’être encore plus prudent de poser un diagnostic en raison de la variabilité développementale cet âge. Et dans tous les cas, il n’est pas nécessaire d’attendre qu’un diagnostic formel soit posé pour mettre en place un accompagnement et une prise en charge. On peut parfois penser à un TDAH alors que d’autres diagnostics peuvent être trouvés ; ce qui complexifie les choses. Ces diagnostics peuvent faire parties du diagnostic dit différentiel, qui sont des diagnostics qui pourraient faire penser au TDAH mais qui n’en sont pas ; mais aussi être des troubles associés au TDAH. L’exemple le plus simple pour illustrer cela, est celui du trouble du sommeil. Les études épidémiologiques sont assez claires sur le fait que les enfants qui présentent un diagnostic de TDAH ont plus fréquemment des troubles du sommeil que les enfants qui n’ont pas de TDAH. Il s’agit ici d’une comorbidité, qu’on appelle aussi un trouble associé. Mais il est également possible que des troubles du sommeil sévères dus par exemple à un syndrome d’apnée du sommeil entrainent une fatigue et des troubles de la concentration en journée mimant un pseudo TDAH. On serait dans ce cas dans un diagnostic différentiel. La distinction entre ces 2 notions est parfois très difficile à faire. C’est le cas quand 2 diagnostics sont présents et entrainent une sorte de cercle vicieux. Par exemple, les troubles des apprentissages sont souvent associés au TDAH et peuvent même majorer les symptômes du TDAH.

La démarche diagnostic ne se limite donc pas à une évaluation strictement médicale et comprend une approche multidisciplinaire et une attention particulière au contexte de vie, à l’environnement des enfants et notamment aux antécédents de traumatismes psychologiques. Il est bien établit aujourd’hui que les traumatismes répétés, les carences, les négligences ou encore la maltraitance ont un impact sur le développement de l’enfant. De nombreuses études retrouvent une association statistique entre traumatisme, maltraitance et TDAH. Les enfants ayant un TDAH sont plus à risque de subir de la maltraitance. Lorsque de telles conditions sont présentes, l’accompagnement socio familial est une urgence et une priorité pour que la maltraitance et les négligences cessent.


Quelles sont les comorbidités ?


Lorsqu’il y a plusieurs troubles associés, il est intéressant de mettre en place un accompagnement multidimensionnel en prenant en charge en priorité le trouble responsable de la gêne la plus importante. Chez les enfants et adolescents TDAH, on retrouve des comorbidités dans 50 à 70% des cas. Les troubles associés les plus fréquemment retrouvés sont :

  • Le Trouble de l’Opposition avec Provocation (TOP) ;
  • Le trouble du langage ;
  • Le Trouble du Spectre Autistique (TSA) ;
  • Le trouble anxieux.

 

Ces comorbidités sont classées en 3 catégories distinctes : psychiatrique, neurodéveloppemental et organique. Au sein de la catégorie psychiatrique, on y retrouve le TOP. J’en parlerai plus précisément dans un autre écrit.


Quelle est la trajectoire de vie ?


« Est-ce que cela va s’améliorer ? » C’est bien une question que se pose tous les parents d’enfants TDAH. Bien sûr il est compliqué de répondre à cette question car cela dépendra d’un grand nombre de facteurs : la forme clinique du TDAH, l’intensité du trouble, les ressources de la personne, mais aussi et cela est très important, le soutien de l’environnement ainsi que les stratégies et prises en charge mises en places.

On a l’habitude de parler de la règle des 3 tiers. Elle est évidemment beaucoup trop simpliste et donc forcément fausse mais elle peut nous donner une idée générale des différentes trajectoires évolutives pour les enfants et les adolescents TDAH.

La première trajectoire est la trajectoire positive. En grandissant, les symptômes du TDAH vont diminuer. De façon générale, c’est vrai pour les symptômes d’hyperactivité qui commencent à diminuer chez les enfants vers 10 à 12 ans mais chez certains enfants, les symptômes d’inattention et d’impulsivité vont aussi diminuer en particulier pendant l’adolescence. Il est difficile de dire si c’est un phénomène de maturation cérébrale ou si c’est le fait d’avoir mis en place progressivement des stratégies d’adaptation car il s’agit sûrement d’un mélange des 2. En tout cas, ce sont des grands adolescents ou des jeunes adultes qui ne présentent plus de gênes. Ils arrêtent leur traitement s’ils en avaient, ils fonctionnent « normalement » dans leur vie sociale, dans leur vie professionnelle et dans leur vie familiale.

La 2ème trajectoire est celle qu’on pourrait appeler « trajectoire négative » ; c’est-à-dire que les symptômes du TDAH persistent ; ils vont surtout gêner la personne et s’associer à des comorbidités. Ce sont soit les comorbidités que l’enfant avait, soit de nouvelles qui se sont ajoutées au fil du temps. Par exemple, on y retrouve les troubles de l’humeur mais aussi une plus grande vulnérabilité pour les addictions (addiction aux substances ou addiction comportementale). Dans cette trajectoire négative, on va aussi parfois retrouver les troubles de la personnalité, des problèmes de transgression de la loi, des problèmes avec la justice. Tout cela engendre des évolutions problématiques et les personnes vont être gênées au quotidien par leur TDAH. Ils auront besoin d’un accompagnement adapté et spécifique encore à l’âge adulte. En général, ces adultes n’ont pas été diagnostiqués durant l’enfance car le diagnostic était encore trop mal connu ; et il va donc se faire de manière rétrospective quand ils vont commencer le parcours de soin. Je vous parlerai plus précisément du TDAH chez l’adulte dans un autre écrit.

La 3ème trajectoire se situe entre les 2 autres. C’est probablement la plus fréquente. C’est une trajectoire où les symptômes du TDAH persistent dans des degrés variables chez les adultes, en particulier ceux qui sont liés au déficit d’attention ; mais ils sont globalement compensés, c’est-à-dire que les personnes qui présentent ces symptômes ont appris d’une certaine façon à vivre avec. Par exemple, pour ne pas oublier trop d’informations, beaucoup de choses, on va utiliser un système d’alarme, d’agenda. Pour ne pas procrastiner, on développe des stratégies qui consistent à fractionner les tâches. Finalement, les personnes avec un TDAH vont réussir à appliquer quelques stratégies qui vont leur correspondre. Il faut donc comprendre le rôle majeur de l’environnement : la personne a appris à se connaitre, elle s’est adaptée. Il y a également le rôle important du milieu. Les adultes évoluent dans un milieu qu’ils ont choisi et qui n’est pas subi comme peut l’être le milieu scolaire où il faut rester assis durant des heures en classe avec une activité monotone…On sait que la motivation est un des grands facteurs pour améliorer ses capacités attentionnelles, ses capacités exécutives. Et on sait que pour certains adultes, c’est le fait de faire ce qui leur corresponde et ce qu’ils aiment, qui va leur permettre d’être le mieux adapté possible.

De façon générale, il faut savoir que plus on diagnostique tôt le TDAH, plus cela sera facile de mettre des choses en place pour accompagner les jeunes et leur permettre d’avoir des stratégies adaptées et efficaces. On n’oublie jamais le rôle essentiel de l’environnement pour le devenir des personnes TDAH et ; l’objectif est que l’enfant puisse évoluer dans un environnement à la fois familial mais aussi scolaire, qui sont bienveillants avec des attentes adaptées à leur profil afin qu’il puisse maintenir leur estime d’eux-mêmes mais aussi leur insertion scolaire et professionnelle.

En définitive, le TDAH n’est ni une mode ni une fatalité, mais une réalité complexe qui mérite d’être comprise avec nuance et sans préjugés. Mieux informé, mieux repéré et mieux accompagné, il peut être apprivoisé pour permettre à chacun, enfant comme adulte, de développer ses ressources, ses stratégies et son plein potentiel. Derrière les difficultés se cachent aussi des forces, une créativité, une énergie et une sensibilité particulières. L’enjeu aujourd’hui n’est pas seulement de diagnostiquer, mais d’adapter les environnements, de soutenir les parcours et de changer les regards. Car comprendre le TDAH, c’est déjà ouvrir la voie à des trajectoires de vie plus sereines, plus justes et profondément humaines.